Aller au contenu principal

Séances 2025 (sous réserve de modifications)

Samedi 12 avril 2025 - Séance publique ordinaire

Joachim VAN CANT (Faculté des Sciences de la Motricité - ULB)

Les tendinopathies sont des pathologies fréquentes, notamment chez les sportifs et les travailleurs sollicitant de manière répétitive certaines structures tendineuses. L’adaptation du tendon aux contraintes mécaniques joue un rôle clé dans leur prévention et leur prise en charge. La littérature récente a mis en évidence que le chargement mécanique modifie les propriétés biomécaniques des tendons, augmentant leur rigidité et leur module d’élasticité tout en influençant leur morphologie. Ces adaptations sont particulièrement marquées avec des entraînements en résistance à forte contrainte, générant des niveaux de contrainte plus élevés sur le tendon. Cependant, une surcharge inappropriée ou une mauvaise gestion des périodes de récupération peut engendrer une altération des propriétés tendineuses et favoriser l’apparition de lésions. Ainsi, la modulation de la charge mécanique, en tenant compte de la balance entre contrainte et récupération, est un paramètre déterminant dans la prévention et la réhabilitation des tendinopathies. En rééducation, la compréhension des mécanismes sous-jacents à ces adaptations permet d’optimiser les protocoles de prise en charge en ajustant l’intensité, la durée et la fréquence des exercices de renforcement tendineux. Une approche individualisée, tenant compte des caractéristiques biomécaniques du patient, du stade évolutif de la pathologie et des spécificités fonctionnelles, semble essentielle pour une rééducation efficace. L'objectif de cette présentation est de discuter des implications cliniques de ces données et de proposer des stratégies optimisées de prise en charge des tendinopathies, en intégrant les principes de progressivité et d’adaptation de la charge mécanique.

 

 

Philippe BOXHO, Directeur de l'Institut Médico-Légal (IML) de Liège, membre associé

De l’époque romaine avec sa loi aquiléenne à notre époque contemporaine, en passant par Charlemagne et ses capitulaires, par Charles Quint et sa caroline, par bien d’autres encore dont Ambroise Paré, père de la médecine et de la médecine légale, en faisant un détour par l’Empire du Milieu et son terrible Song, l’auteur nous propose une courte fresque de l’histoire de la médecine légale à travers le temps qui s’achève avec sa reconnaissance en tant que spécialité de la médecine, en 2002.

 

Thomas SCHUBERT, MD PhD (Service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologie aux Cliniques Universitaires Saint-Luc)

Au cours des dernières années, les avancées en oncologie ont permis d’augmenter significativement la survie des patients cancéreux. Nous retrouvons également cette tendance en pathologie des sarcomes. Ceci a dès lors nécessité de trouver des solutions de reconstruction du système musculosquelettique sans cesse plus fonctionnelles et plus pérennes.

A cet égard, le bassin est une des localisations des plus complexes à traiter. Si réséquer une tumeur osseuse au niveau du pelvis est en soi complexe, la reconstruction peut s’avérer tout aussi compliquée.

Les avancées technologiques en matière d’imagerie, de conception d’implant ou encore d’impression 3D ont autorisé des reconstructions difficilement imaginables il y a quelques années. Dès lors, le chirurgien pourrait être tenté de reproduire à l’identique l’anatomie du patient.

Une analyse en profondeur de cette problématique montre que cela n’est pas nécessairement idéal. Les avantages et inconvénients de différentes techniques de reconstruction en fonction des localisations anatomiques au sein du pelvis seront évoqués au cours de cet exposé centré sur la problématique des reconstructions complexes du bassin.

 

 

 

 

Mercredi 18 juin 2025 à Paris (9h00-17h00) - Symposium conjoint ARMB - ANMF

Les mille premiers jours de la vie

Samedi 28 juin 2025 - Symposium consacré à l'Intégrité scientifique

Samedi 6 septembre 2025 - Symposium conjoint ARMB - ARB - L'intelligence artificielle au coeur des soins, ingénieurs et médecins partenaires pour l'innovation

sous l'égide des Professeurs Isabelle Salmon et Benoît Macq

Samedi 20 septembre 2025 - Séance Solennelle de remise des Prix (Période 2024)

Jeudi 23 octobre 2025 (9h00 à 16h30) - Symposium consacré à l'Enseignement de la Médecine

Samedi 22 novembre 2025 - Séance publique ordinaire


Samedi 25 janvier 2025 à 9h00 - Accueil des nouveaux membres académiciens belges et étrangers

MÉTALLOPROTÉINASES MATRICIELLES ET MENSTRUATION

La menstruation est la première phase du cycle menstruel, caractéristique de l’espèce humaine, des grands primates et de quelques rares autres espèces de mammifères. Elle est indispensable à la fertilité des femmes et pourtant sa physiologie reste encore mal comprise.

Les expériences de Markee dans les années 1930-40 sont à la base de la description de la menstruation. En transplantant l’endomètre de macaque dans la chambre antérieure de leur oeil, il a pu suivre les modifications de ce tissu sous l’influence des hormones sexuelles ovariennes. Les saignements menstruels font suite à une chute importante de la concentration sérique des oestrogènes et de la progestérone, et sont systématiquement accompagnés de vasoconstriction des artérioles spiralées interprétées par Markee comme permettant de limiter les pertes sanguines, tandis que d’autres auteurs ont erronément conclu que cette vasoconstriction entraînait une nécrose ischémique du tissu à l’origine des saignements.

Mais l’élimination menstruelle du tissu endométrial est aussi systématiquement précédée d’un effondrement tissulaire. Plusieurs investigateurs ont vainement cherché à impliquer les enzymes lysosomiales dans la dégradation du stroma endométrial, dont Freddy Cornillie, chercheur à la KUL, venu développer un modèle de culture organotypique de l’endomètre à l’Institut de Duve dans cet objectif.

Ce modèle a permis de démontrer que l’endomètre produit en fait de nombreuses enzymes de la famille des métalloprotéinases matricielles (MMPs), dont la collagénase interstitielle (MMP-1), les gélatinases A (MMP-2) et B (MMP-9) et la stromélysine-1 (MMP-3). Ces enzymes sont produites sous forme latente (zymogènes) et doivent être activées pour dégrader pratiquement tous les composants de la matrice extracellulaire. Des inhibiteurs tissulaires des MMPs (TIMPs) empêchent toute dégradation inopportune de la matrice extracellulaire.

Les explants d’endomètre en culture ont montré que la progestérone inhibe l’expression des MMPs et stimule celle des TIMPs. Le retrait de la progestérone stimule l’expression et l’activation des MMPs et entraîne la dégradation de la matrice extracellulaire de l’endomètre et sa fragmentation. Ces observations ont été confirmées dans lendomètre in vivo et lors de saignements anormaux dysfonctionnels.

L’expression des MMPs et la dégradation de la matrice extracellulaire restent toutefois focales, limitées aux couches superficielles de l’endomètre. L’expression et l’activation des MMPs surviennent également de manière focale et imprévisible lors de traitements contraceptifs de longue durée à base de progestatifs, alors que pourtant la concentration sérique en progestatif reste stable.

Des mécanismes de régulation paracrine, impliquant notamment l’interleukine-1 alpha sécrétée par les cellules épithéliales des glandes de l’endomètre, interviennent dans cette limitation focale de l’expression des MMPs.

Un modèle de xénogreffe d’endomètre humain sous la peau de souris immunodéficientes ovariectomisées a permis de reproduire les modifications cycliques de la couche fonctionnelle de l’endomètre sous l’influence de l’estradiol et de la progestérone. Le retrait de ces hormones déclenche l’expression des MMPs, leur activation et la dégradation menstruelle des greffons sans toutefois qu’une hypoxie tissulaire ne survienne.

La microdissection des différents compartiments tissulaires de l’endomètre a également montré que les cellules stromales de la partie superficielle de l’endomètre qui entraînent sa dégradation, expriment aussi, de manière inattendue, les protéines impliquées dans la régénération du tissu, et non les cellules stromales de la couche résiduelle comme observé dans la régénération de la plupart des tissus. Cette observation suggère que l’endomètre humain est un véritable phénix qui renaît de ses cendres, un concept qui permet de facilement expliquer l’apparition de lésions d’endométriose à partir de fragments d’endomètre menstruel régurgités par les trompes utérines dans la cavité péritonéale.

THROMBOSE ET MÉTABOLISMES, EN TEMPS DE CRISE  

Domaines d’expertises du Professeur Chr. Beauloye 

Plus de 25 ans de métabolisme cardiaque

Les comorbidités, comme l'obésité et le diabète, ont un impact important sur la survenue et l’évolution des maladies cardiovasculaires, y compris la maladie coronaire et l’insuffisance cardiaque. Elles sont associées à un changement d’environnement métabolique du patient. L’équipe de recherche de Christophe Beauloye a essayé de comprendre les mécanismes par lesquels un excès de substrats énergétiques mène à des effets délétères pour le cœur et les vaisseaux. Sa principale contribution a été de démontrer que l'hyperglycémie induit un stress oxydatif via un mécanisme qui ne nécessite pas le métabolisme du glucose mais implique le cotransporteur sodium-myo-inositol-1 (Smit1). Il a montré que Smit1 est la seule isoforme de la famille des cotransporteurs sodium-glucose exprimée dans le cœur. Dans des conditions pathologiques, Smit1 favorise l’hypertrophie et la fibrose myocardiques et l’apparition d’insuffisance cardiaque. De manière intéressante, le taux plasmatique de myo-inositol (un substrat transporté principalement par Smit1) est élevé chez certains patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou d’infarctus du myocarde. Son équipe de recherche poursuit ses travaux pour démontrer que cibler la voie myo-inositol/Smit1 ouvre une nouvelle perspective thérapeutique pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou de maladie coronaire.   

Métabolisme des plaquettes sanguines, une synthèse entre pratique clinique et recherche

Les plaquettes sanguines jouent un rôle clé dans la survenue d’une athéro-thrombose et du syndrome coronarien aigu. En étroite collaboration avec l’équipe du Professeur Horman, Christophe Beauloye a montré qu’un changement du métabolisme des plaquettes sanguines a un impact important sur leur fonction et la formation du thrombus. Sandrine Horman et Christophe Beauloye ont pu observer que les plaquettes des patients qui souffrent d’une maladie coronaire ont d’ailleurs une modification importante de leur lipidome, et que ce dernier peut impacter leur pronostic. Enfin, des travaux tout récents ont montré que les plaquettes sanguines pourraient jouer un rôle important dans la physiopathologie des affections cardiovasculaires au-delà de leur implication dans la thrombose.

Une vision globale et compréhensive des affections cardiovasculaires et de la médecine

L’enseignement en faculté de médecine occupe une place importante dans la carrière de Christophe Beauloye. Ce dernier axe ses cours sur la compréhension des affections cardiovasculaires et leur intégration dans l’ensemble des disciplines médicales. Il préside l’école de Médecine de l’UCLouvain depuis 2021.

 

 

MALADIES VALVULAIRES : PROGRÈS DIAGNOSTIQUES, STRATÉGIQUES

ET THÉRAPEUTIQUES :

Le tout est meilleur que la somme de ses parties. Aristote

Les maladies valvulaires cardiaques (MVC) constituent un défi majeur en cardiologie, avec des implications profondes sur le plan clinique, pronostique et thérapeutique. Nos travaux, menés au sein du GIGA Cardiovascular Sciences et du Service de Cardiologie, s’articulent autour de trois axes principaux :

1. Diagnostic et suivi par l’imagerie avancée : L’évaluation des maladies valvulaires cardiaques (MVC) repose sur des techniques d’imagerie de pointe, telles que l’échocardiographie, y compris le strain imaging. Ces outils permettent une compréhension approfondie des anomalies fonctionnelles, notamment dans des contextes tels que la sténose aortique asymptomatique, et améliorent considérablement la prédiction des résultats cliniques. Nos travaux ont validé l’utilisation du strain en tant que biomarqueur clé, influençant ainsi les pratiques cliniques et contribuant à l’élaboration des recommandations internationales.

2. Stratification des risques et personnalisation des prises en charge : La stratification des risques est essentielle pour guider les décisions thérapeutiques dans la gestion des maladies valvulaires cardiaques (MVC), qui englobent un ensemble de pathologies affectant les valves cardiaques et perturbant le flux sanguin normal à travers le cœur. Nos travaux se sont focalisés sur l’évaluation des dysfonctions ventriculaires, des biomarqueurs spécifiques et des critères cliniques dans le cadre de cohortes multicentriques. Ces études ont contribué à l’implémentation de lignes directrices internationales visant à harmoniser la gestion des MVC et à promouvoir une prise en charge personnalisée en fonction des profils individuels des patients.

3. Innovations thérapeutiques et avancées biologiques : La recherche translationnelle est au cœur de nos efforts pour améliorer les traitements des complications des prothèses valvulaires, telles que les thromboses et les endocardites. Avec la collaboration d'experts en chimie, nous avons développé un revêtement (coating) innovant qui a démontré son efficacité pour réduire les thromboses de prothèses dans des modèles précliniques animaux. Ce coating peut être enrichi avec des agents thérapeutiques, tels que le ticagrélor, dont nous avons découvert les propriétés antibactériennes, renforçant ainsi son potentiel pour prévenir à la fois les complications thrombogènes et infectieuses. Ces avancées ouvrent des perspectives prometteuses pour améliorer la biocompatibilité, la sécurité et la durabilité des prothèses valvulaires.

Conclusion et perspectives : Nos travaux s’inscrivent dans une dynamique d’innovation visant à améliorer la prise en charge des MVC grâce à une combinaison de technologies diagnostiques avancées et de thérapies ciblées. À l’avenir, l’intégration des biomarqueurs et des outils d’intelligence artificielle dans la pratique clinique représentera une étape clé vers des soins encore plus personnalisés.


Références :

European Heart Journal 2013 ; EHJ-CVI 2022 ; JACC Imaging, 2019 ;New England Journal of Medicine 2020 ; JAMA Cardiology 2018 ; J Thromb Haemost, 2023; 21:2485-2498 ; JACC Basic Translational Science, 2023 ; mBio 2024.

 

 

Présentation de la Professeure Marie-Madeleine DOLMANS   

Marie-Madeleine Dolmans graduated in medicine from UCLouvain in Brussels in 2000. Pursuing her interest in gynecology and obstetrics, she earned first place in her chosen specialization, and obtained her PhD degree on ‘Cryopreservation and transplantation of human ovarian tissue’ in 2006.

As a gynecologist, she has always divided her time between clinical and research activities, being passionate about both. She was a crucial member of the team led by Professor Jacques Donnez that achieved the first live birth after grafting of frozen-thawed ovarian tissue in a Hodgkin’s patient in remission, which was published in the Lancet.

Professor Dolmans became head of the UCLouvain Gynecology Research Unit in 2012, succeeding Professor Donnez, and since then has worked tirelessly to maintain and promote the world-class reputation of this laboratory. She has served as president of the International Society for Fertility Preservation and board member/reviewer/editor for many renowned journals, as well as publishing well over 200 peer-reviewed articles.

The Gynecology Research Unit has secured numerous grants for research projects under her leadership, principally investigating various aspects of ovarian tissue cryopreservation and endometriosis/adenomyosis. The latest and most prestigious of these is the recently approved European Horizon grant awarded to conduct research into endometriosis, a disease massively impacting millions of women all over the world. Her laboratory is now working in collaboration with other centers of excellence to address this hugely neglected condition and bring relief to many women who have suffered in silence. It is time.

 

 

Présentation du Professeur Jacques JANI

MÉDECINE ET CHIRURGIE FOETALE : MYTHE OU RÉALITÉ

Le Professeur Jacques Jani a entrepris ses études de médecine à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), où il s’est spécialisé en Gynécologie et Obstétrique. Après sa formation, il a réalisé une thèse de doctorat à la KU Leuven sur la chirurgie fœtale des hernies de la coupole diaphragmatique. Il a ensuite complété sa formation au King’s College Hospital à Londres pendant deux ans. En 2008, à 36 ans, Jacques Jani revient en Belgique pour occuper le poste de chef du service de Gynécologie et Obstétrique au CHU Brugmann et est nommé professeur à l’ULB. Depuis 2019, il préside le Conseil médical du CHU Brugmann et, depuis 2022, il dirige le programme de formation post-graduée en gynécologie-obstétrique des hôpitaux de l’ULB.

Spécialiste reconnu en thérapie fœtale, et particulièrement dans le domaine pointu de la chirurgie fœtale, Jacques Jani poursuit sa passion à travers l’enseignement au sein de son service et à l’international, ainsi que la recherche scientifique dans divers domaines de la médecine fœtale : anomalies chromosomiques, tests d’ADN fœtal, dépistage et prévention de la pré-éclampsie, imagerie par résonance magnétique fœtale, autopsie virtuelle, chirurgie fœtale des jumeaux, hernie de la coupole diaphragmatique, anévrisme de la veine de Galien, etc. Parmi les pionniers de la chirurgie fœtale, il a contribué à la création de 15 centres de chirurgie fœtale à travers le monde, en se rendant sur place pour chaque intervention.

Dans le domaine scientifique, il a supervisé six thèses de doctorat, tandis qu’une dizaine d’autres sont en cours. Il compte plus de 230 publications indexées sur PubMed et un indice H de 67.

 

ENDOCRINOLOGIE DE L'INSUFFISANCE CARDIAQUE CHRONIQUE : UN EXEMPLE DE PHYSIOLOGIE INTÉGRÉE

La Physiologie est l’étude intégrative des systèmes vivants complexes de la cellule à l’organisme y compris les interactions avec l’environnement et la comparaison d’espèces.

Mon intérêt se porte très tôt pour la physiologie/physiopathologie intégrée, la physiologie de l’organisme entier, les interactions entre systèmes.

Dans la dernière décade du 20ème siècle, l’hypothèse neurohormonale : théorie qui explique le rôle délétère du système nerveux sympathique et rénine-angiotensine-aldostérone (RAAS) dans la progression de l’insuffisance cardiaque chronique est reconnue par le monde scientifique (Packer, 1992) et la découverte d’un RAAS tissulaire change le paradigme (Dzau et al, 1994). D’autres hormones hypertensives comme l’endothéline-1 et hypotensives comme le peptide natriurétique de type B sont découvertes (Itoh et al, 1988, Sudoh et al, 1988) tandis que la leptine, découverte en 1994, devient la 1ère adipokine, transformant le tissu adipeux de réserve énergétique en glande endocrine (Zhang et al, 1994).

C’est dans ce contexte que débutent mes études sur l’endocrinologie de l’insuffisance cardiaque chronique (ICC) et de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP). Dans ce domaine, les modèles grands animaux ont un intérêt particulier : leur excellente validation tant anatomique que physiopathologique, leur taille qui facilite l’utilisation d’instruments issus de la Médecine humaine et permet de nombreuses mesures in vivo répétées sur un même individu. Les espèces animales et les modèles de pathologie s’adapteront aux questions de recherche et à l’évolution sociétale. Les mesures in vivo seront rapidement complétées par une méthodologie ex vivo.

Les premières études portent sur la physiopathologie l’ICC, dans un modèle canin de tachycardiomyopathie. Des biopsies itératives myocardiques et rénales sont réalisées pour identifier le moment de l’activation hormonale locale. Grâce à l’avènement de la PCR quantitative en temps réel (RTQPCR), nous avons démontré l’activation précoce du système endothéline cardiaque, pulmonaire et rénal dans ce modèle (Motte et al, 2003). Nous avons également collaboré dans un modèle porcelet de shunt gauche-droit pour démontrer que le blocage du système endothéline prévient le développement de l’HTAP (Rondelet et al, 2003).

Durant cette dernière décade, nous avons démontré la contribution de 2 adipokines, la leptine et la chémérine, à l’homéostasie de la circulation pulmonaire en utilisant des modèles murins et une méthodologie ex vivo associant vasoréactivité en bains d’organes et cultures primaires de cellules musculaires lisses vasculaires (Gomart et al, 2014, 2017, Hanthazi et al, 2019, 2021). La dernière étude porte sur un modèle murin d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICFEp) associé au syndrome métabolique. Ce modèle montre que l’ICFEp entraîne une altération cardiaque globale, une augmentation légère de la pression artérielle pulmonaire sans artériopathie mais un découplage ventriculo-artériel (Hubesch et al, 2022, 2024).

Packer M, JACC, 20(1), 1992. Dzau, VJ, Richard R, Circulation, 89(1), 1994. Itoh Y, et al, FEBS Lett, 231(2), 1988. Sudo T et al, Nature, 332, 1988. Zhang Y et al, Nature, 372, 1994

Motte S et al, Am J Physiol, 285(6), 2003 et Pharmacol Ther, 110(3), 2010

Rondelet et al, Circulation, 107(9), 2003

Gomart et al, Resp Res, 15(1), 2014 et PloS One, 12(1), 2017

Hanthazi et al, Life Sci, 231, 2019 et Front Physiol, 11, 2020

Hubesch et al, Front Cardiovasc Med, 8, 2022 et J Am Heart Assoc, 13(11), 2024

 

INSIDE THE NETWORK : A LIFELONG ADVENTURE IN VASCULAR RESEARCH

Our   research has centered in elucidating the mechanisms that regulate the growth, specification and remodeling of blood vessels. The information gained has been leveraged and combined with a keen focus on clarifying the molecular pathways impacting clinical susceptibilities in vascular-related diseases, a commitment that has now expanded three decades.

The initial focus of my lab was to understand the effect of microenvironmental cues on the biology of endothelial cells within the context of development and cancer.  We contributed early-on to a (now) large body of literature that elucidated the regulatory effects of extracellular matrix proteins, and their proteolytic fragments on angiogenesis. In 2001, we demonstrated that specific extracellular matrix proteins could have overriding effects on tumor progression, despite the presence of strong oncogenes driving mammary tumors. We went on to identify discrete domains in thrombospondin responsible for the anti-angiogenic effects. 

My reasoning that “anti-angiogenic domains” found in thrombospondin might be present in other proteins led to the cloning of human METH1 and METH2. These are now recognized founding members of the ADAMTS group of metalloenzymes involved in proteolysis and processing of extracellular matrix proteins. Cloning of the 1st human members of this family allowed us to generate many of the initial reagents that facilitated development of this field.

In 2005, we demonstrated that a subset of matrix metalloproteinases (MMPs) cleave VEGF intramolecularly, releasing bioactive fragments with no ability to interact with the ECM.  The work was seminal as it determined that association of VEGF with matrix had distinct activity, versus the activities associated with peptides released via MMP-processing. In particular, in how these form regulated tumor vascular expansion and tumor progression:  Matrix-bound VEGF promoted vascular sprouting, and increased perfusion and tumor growth. In contrast, soluble VEGF led to increased vascular diameter, enlargement and tortuosity of vessels, resulting in poor perfusion, restricted tumor growth, and increased hypoxia.  Shortly thereafter, we determined that matrix vs soluble VEGF altered the activation kinetics and downstream signaling. My long-term interest in VEGF then led to one of the most provocative and largely referenced publications from our lab. We demonstrated that endogenous endothelial-derived VEGF was essential for endothelial viability as a cell-autonomous factor. These findings, published in Cell in 2007, clarified some of the key differences between antibody-based and kinase-based anti-VEGF clinical trials. They also elucidated a mechanism for two highly problematic clinical side-effects of anti-VEGF therapy: The pro-thrombotic and cardiac complications. Along the theme of signaling, we also clarified that VEGFR2 can be activated in the absence of ligand through Src kinases.

While developing the first genetic tools to delete genes in the endothelium using Cre-lox technology, my group generated both constitutive and inducible Cre under the regulatory control of VE-Cadherin.  Careful lineage tracing analysis using these tools demonstrated labeling of the adult hematopoietic lineage.  Further work demonstrated that adult hematopoietic stem cells originate from hemogenic endothelium in the embryo.  This finding published in Cell Stem Cell in 2008 was followed by a flurry of publications from other groups confirming the result using complementary approaches and model systems.  We continued to contribute to this line of investigation with an international collaboration: the resulting publication provided a detailed map of transcriptional ontogeny of human hematopoietic cells from hemogenic endothelium to adult.

Finally, through the last two decades group has contributed to the notion that the Notch pathway promotes tip vs stalk cell specification.  In addition, through endothelial or smooth muscle cell inactivation of Jag1, we clarified the vascular roots for the cardiac and liver pathologies in Alagille syndrome.  This work highlighted the relevance of heterotypic vascular-parenchymal interactions in the architecture of organs.  More recently, this trajectory resulted in a greater understanding of how Notch signaling skews differentiation of Pax1+ somitic cells into vascular smooth muscle cells and to further clarify the role of Notch 3 in regulating vascular tone in brain related to the progressive dementia in CADASIL patients.

 

 

TISSUE-RESIDENT MACROPHAGES : AN UNTAPPED SOURCE OF THERAPEUTIC TARGETS 

Macrophages are immune cells that inhabit all tissues, where they play critical roles in sensing threats, producing inflammatory molecules, shaping immune responses, and driving tissue repair. Despite their central role in health and disease, macrophage-targeted therapies remain scarce. This gap stems from a historical reliance on studying monocyte-derived macrophages cultured in vitro, which fails to capture their complex biology in tissues.

Until the mid-2000s, all macrophages were believed to arise from circulating monocytes derived from bone marrow progenitors, known as the mononuclear phagocyte system. However, studies during my fellowship at Stanford and later at Mount Sinai revealed that most tissue-resident macrophages (RTMs) originate from embryonic precursors that seed tissues before birth and self-renew independently of adult hematopoiesis. In contrast, monocyte-derived macrophages are recruited to tissues primarily during inflammation and exhibit distinct functional profiles. RTMs are imprinted by their tissue environment, adapting to local cues to maintain homeostasis. They perform essential functions such as clearing debris, pruning neuronal synapses, preserving vascular integrity, and defending against pathogens. These unique roles underscore their importance in maintaining tissue integrity and their potential as therapeutic targets.

RTM Unique Role in Tissue Biology

Research from my laboratory and others has demonstrated that, beyond their immune role in self-defense, RTMs are essential for maintaining tissue health and integrity. Depletion of RTMs, while sparing circulating monocytes, has highlighted their critical role in supporting tissue function. RTMs reside in key micro-anatomical niches, where they interact with local cells to preserve tissue homeostasis and repair damage. Unraveling the molecular programs that govern RTM localization, cellular interactions, and functional responses in both steady-state and injury contexts holds great potential for identifying novel therapeutic targets to promote tissue health and resilience.

Transforming Medicine Through RTMs

The discovery of RTMs as a distinct lineage has opened new avenues for medical innovation. RTMs are now known to play key roles in the maintenance of tissue stem cells, preserving neuronal and vascular integrity and mitigating tissue injuries. Unlocking the molecular programs that enable these functions may lead to therapies that enhance healing and reduce damage during inflammatory injuries. Recent work from my group has also revealed that RTMs decline in number and function in aged tissues, leading to increased vulnerability to damage. Restoring RTM populations in aging may help preserve tissue integrity and reduce age-related pathologies.  These findings highlight the potential of RTM-targeted therapies across a wide range of conditions, from neurodegeneration to aging and inflammatory diseases. In summary, the discovery of RTMs has transformed macrophage biology and revealed an untapped reservoir of therapeutic targets. Their roles in tissue homeostasis, repair, and immunity make them a cornerstone for innovative therapeutic strategies, offering the potential to transform treatments across diverse medical fields.

 

 

SLEEP DISTURBANCES, OBESITY AND DIABETES: INTERACTING EPIDEMICS

In the middle of the 20th century, it was recognized that circulating levels of glucorticoids are not constant but undergo large and reproducible daily oscillations. The development of radioimmunoassays allowed to measure the levels of multiple hormones across the 24-h cycle and to demonstrate that sleep and circadian rhythmicity, two interacting central nervous system processes, exert a dual control over endocrine release under physiologic conditions.  This early work was based on the experimental paradigm of total sleep deprivation and demonstrated unequivocally that acute sleep loss has profound effects on endocrine release as well as glucose metabolism.  Nonetheless, the consensus until the beginning of the 3rd millenium was that “sleep is for the brain, not for the rest of the body” and that insufficient sleep may result in increased sleepiness and decreased cognitive performance but has little or no effect on peripheral function and health.  Consistent with these views, voluntary sleep curtailment has become a hallmark of modern society.  In industrialized societies, habitual sleep duration has decreased by approximately 2 hours since the middle of the 20th century. 

To examine the impact of this endemic “sleep debt” on hormones and metabolism, we executed a series of clinical trials under controlled laboratory conditions.  The first “sleep debt study” demonstrated that partial sleep deprivation in healthy volunteers for less than one week leads to a pre-diabetic state with decreased insulin sensitivity not compensated by increased beta-cell release.  This metabolic alteration was associated with elevated cardiac sympatho-vagal balance, increased evening levels of cortisol and decreased levels of the satiety hormone leptin, signalling a caloric deficit despite the fact that the participants ingested meals calculated to meet their energy needs.  In subsequent studies, recurrent sleep loss for 2-4 nights was found to not only decrease the levels of leptin, but also increase the levels of the hunger hormone ghrelin and the circulating endocannabinoid 2-AG, concomitantly stimulating hunger and appetite. These laboratory findings were confirmed by several independent groups. In parallel, large body of epidemiological evidence documented a prospective association between short sleep and weight gain/obesity as well as between short/poor sleep and the risk of type 2 diabetes.  Moreover, obesity is the main risk factor for the development of obstructive sleep apnea, which represents a further risk for insulin resistance and diabetes.

Clinical recommendations for the diagnosis and management of obesity and diabetes now incorporate lifestyle issues such as habitual sleep duration/quality and regularity of day-to-day schedules. Shift work, which is invariably associated with poor sleep duration and quality, is a well-recognized risk factor for metabolic disease.

 

FROM BENCH-TO BED-TO THE HANDS OF WOMEN TO IMPROVE GLOBAL REPRODUCTIVE HEALTH

Self-determination in fertility is a prerequisite for reproductive health. This includes freedom from infertility as well as access to effective and safe methods of contraception and abortion. The overall aim of the project is to increase the understanding of endometrial function leading to innovative treatment options for infertility and fertility regulation. Non-invasive tools are developed for the assessment of endometrium and embryo quality. Today there is no cure for women with a dysfunctional thin endometrium incapable of supporting pregnancy. We hypothesize that dysregulation of specific endometrial cells and/or their niche disturbs cyclic endometrial regeneration causing a dysfunctional non-responsive, thin endometrium.

Progesterone is a key regulator of endometrial function and essential for embryo implantation and maintenance of pregnancy. Progesterone receptor modulators (PRMs) offer a tool to study Progesterone-dependent mechanisms involved in the process of successful implantation such as the cyclic development of endometrial receptivity. Depending on the dose and stage of the menstrual cycle or pregnancy, PRMs also hold the potential to be used for contraception as well as for induced abortion. Medical abortion with the combination of the PRM mifepristone and a prostaglandin analogue was first invented by the research group (named as “inventors” in the patent held by the pharmaceutical company Exelgyn), and further developed in collaboration with the World Health Organization. The research team has subsequently systematically developed a less medicalized, safe and effective treatment that is now shifted to primary care and administered by midwives or by women themselves via telemedicine. The implementation of medical management has proven to be an effective tool to prevent maternal mortality and morbidity world-wide.

There is an increased fear of hormonal contraception due to experienced or expected side effects. For the first time, we showed that PRM inhibition of endometrial receptivity could be used for contraception and that PRMs are highly effective forpost coital emergency contraception (EC)(“the morning after Pill”). Due to the dosage used, the main action of the approved EC regimens is via an effect on ovulation. Our data indicates that the efficacy of EC could be further improved with an postovulatory action. Our data supports excellent bleeding control and endometrial safety of PRMs and suggest a protective effect in the human breast tissue.

 

 

 

 

Présentation du Professeur Carlo Giovanni Traverso     

Prof. Giovanni Traverso is the Director of the Laboratory for Translational Engineering at MIT and Harvard. He is an Associate Professor in the Department of Mechanical Engineering at MIT and a gastroenterologist in the Division of Gastroenterology at Brigham and Women's Hospital, Harvard Medical School. Dr. Traverso grew up in Peru, Canada, and the United Kingdom. He earned his BA from Trinity College, University of Cambridge, and his PhD from Johns Hopkins University, before completing medical school at the University of Cambridge, internal medicine residency at Brigham and Women's Hospital and gastroenterology fellowship at the Massachusetts General Hospital.

Dr. Traverso’s early research led to the development of Cologuard, the first FDA-approved non-invasive test for colon cancer screening. During his postdoctoral work at MIT, he advanced new technologies for drug delivery and physiological sensing via the gastrointestinal tract.

Dr. Traverso’s contributions have been recognized with awards such as the Grand Prize of the Collegiate Inventors Competition, a Research Fellowship from Trinity College, inclusion in MIT Tech Review’s TR35 list, and the 2023 Acta Biomaterialia Silver Medal. He is a member of the American Society for Clinical Investigation, the NAM Emerging Leaders in Health and Medicine Scholars Program, the College of Fellows of the Controlled Release Society, the American Institute of Medical and Biological Engineering, and the National Academy of Inventors.

His current research focuses on developing next-generation drug delivery systems for the gastrointestinal tract and novel ingestible electronic devices for sensing a wide range of physiological and pathophysiological parameters.

 

LES OBÉSITÉS : PATHOLOGIES AUX DIMENSIONS MULTIPLES ET COMPLEXES

Exploration scientifique et clinique d’une maladie complexe et multifactorielle : l’obésité
Le parcours médico-scientifique de Karine Clément s’est construit autour de l’étude des maladies métaboliques complexes, en particulier les obésités humaines sévères. Dès ses débuts en Endocrinologie, Métabolisme et Nutrition, sa fascination pour cette maladie s’est cristallisée au contact des médecin du service de Nutrition à l’Hôtel-Dieu de Paris, où elle a pu mesurer l’ampleur de ses dimensions cliniques, humaines et biologiques. Loin d’une vision simpliste uniquement centrée sur les comportements alimentaires, ses recherches se sont orientées vers une compréhension globale des facteurs biologiques, génétiques, métagénomiques et des perturbations des biologies d’organes et des dialogues inter-organes sous-jacentes à cette maladie touchant près d’un milliard de personne dans le monde.

Dissection génétique des obésités graves. Lors de sa thèse de sciences, Karine Clément a contribué à identifier des mutations rares affectant la voie leptine/mélanocortine, en particulier des mutations des gènes du récepteur de la leptine (LEPR) (Nature, 1998), de la pro-opiomélanocortine (POMC) et du récepteur aux mélanocortines de type 4 (MC4R) (Nature Genetics, 1998). Ces travaux ont ouvert la voie à un traitement par agoniste MC4R (NEJM 2016, Nature Médecine 2018) aujourd’hui disponible dans ses obésités rares. Ces avancées issues d’histoires humaines, médicales et scientifiques illustrent l’impact direct de la recherche fondamentale sur la prise en charge clinique des patients souffrant d’obésités génétiques très invalidantes.

Exploration des mécanismes immuno-inflammatoires et fibrose du tissu adipeux
En tant que responsable d’une unité de recherche Sorbonne université/INSERM, les travaux de Karine Clément et son équipe ont mis en évidence l’importance des processus immuno-inflammatoires et fibrotiques dans le tissu adipeux des sujets souffrant d’obésité (Genome Biology, 1998), et de leurs liens avec des complications métaboliques comme les pathologies hépatiques et cardiaques. Ces recherches ont permis d’identifier des cellules progénitrices à l’origine de cette fibrose du tissu adipeux, ouvrant la voie vers les mécanismes fondamentaux expliquant le développement de ces altérations du remodelage du tissu adipeux (Cell Metabolism 2017), persistantes après perte de poids.

Microbiote intestinal et interactions multi-organes

Depuis 15 ans, les travaux de K. Clément se sont élargis à l’étude du microbiote intestinal et de son rôle dans l’obésité et les risques cardiométaboliques. Coordinatrice de programme Européen MetaCardis (2012-2018), elle a démontré que certaines dysbioses microbienne sont partiellement réversibles grâce à des interventions diététiques ou chirurgicales (Nature, 2013, Gut, 2019), et que dans l’obésité sévère, il existe des altérations de production et synthèse des vitamines du groupe B, dont la biotine (Gut 2022) dans le microbiote intestinal. De plus, elle a contribué à identifier les facteurs modulant le microbiote dont les statines (Nature 2020), des signatures microbiennes précoces (Nature Medecine 2021), et des métabolites bactériens (Nature Comm, 2020) impliqués dans les désordres cardiométaboliques. Ces découvertes ouvrent la voie à l’identification de nouveaux mécanismes d’origine bactérienne impliquant des métabolites susceptibles de constituer des cibles thérapeutiques.

Engagement pour la recherche et promotion des carrières féminines
Au cours de sa carrière, K Clément a soutenu activement la formation et l’ascension de jeunes chercheuses en médecine et en sciences. Parmi les 15 thèses encadrées, neuf ont été soutenues par des femmes, dont plusieurs ont poursuivi des carrières hospitalo-universitaires ou en recherche.

Au travers de près de 500 publications (81000 citations), les travaux de K. Clément, menés avec une approche translationnelle et systémique centrée sur les patients, visent à mieux comprendre la complexité des obésités pour mieux stratifier cette pathologie et développer des thérapies innovantes, adaptées à une maladie multifactorielle dont le traitement pharmacologique a évolué tout récemment.

 

LES ÉMERGENCES VIRALES : FATALITÉ ET IMPRÉVISIBILITÉ ? 

Au début de ma carrière, mes activités de recherche ont essentiellement été consacrées à l’étude d’infections virales qui affectaient les équidés. Je me suis intéressé au développement de méthodes de détection et de caractérisation des virus équins tels que le virus de l’anémie infectieuse des équidés (un lentivirus), le virus de la grippe des équidés, les virus herpès équins, … Suite à l’émergence en Europe (en 1987) du virus de la peste équine, un virus de fièvre hémorragique virale hautement mortel chez les équidés et transmis par des moucherons, j’ai initié des travaux de recherche visant à mieux caractériser cet agent pathogène et à mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques de cette infection. Mon expertise dans le domaine des infections virales chez les chevaux m’a permis de pouvoir animer (à partir de 2008) le laboratoire de référence de l’Union Européenne sur les maladies des équidés.

A partir de la fin des années 90, de nombreuses infections virales ont émergé en Europe. Citons (de façon non exhaustive) : en 2001, la fièvre aphteuse en Angleterre, des arboviroses animales ou zoonotiques : de nombreux sérotypes du virus de la fièvre catarrhale ovine à partir de 1998, West Nile (arbovirus zoonotique) en 2000, Schmallenberg (un bunyavirus inconnu) en 2011, la maladie hémorragique épizootique en 2022 (pour laquelle mon unité est laboratoire de référence de l’organisation mondiale de la santé animale) … mais aussi l’émergence du SARS-CoV-2 (agent de la Covid) en 2020. Toutes ces émergences virales ont, à des niveaux différents, nécessité de répondre à diverses questions sur les modes de transmission de ces virus, leurs hôtes, leurs capacités d’évolution, les facteurs de restriction d’hôte, leurs facteurs de virulence, leurs capacités à détourner/contourner la réponse immune de l’hôte, … Avec mon équipe mais aussi en collaborant avec d’autres collègues en Europe, nous avons tenté (et tentons toujours) de répondre à ces questions. Mon équipe a pu aussi renforcer les liens avec les virologistes humains en illustrant le rôle que les vétérinaires pouvaient jouer dans la détection précoce de la circulation d’arbovirus zoonotique comme dans le cas du virus West Nile (le Haut Conseil de la Santé Publique a mis en avant cette collaboration comme exemple d’action permettant de briser les silos entre santé humaine, vétérinaire et environnementale - Sécurisation des produits issus du corps humain dans le cadre de la circulation active du virus West-Nile en Gironde, septembre 2023 -). Les évolutions technologiques notamment dans le domaine du séquençage rapide et du traitement des mégadonnées ont considérablement révolutionné les outils de détection et d’identification des virus mais aussi la compréhension de leurs cycles biologiques et ouvrent des perspectives prometteuses dans le domaine de la prédiction des émergences virales.

 

Le mandat, déjà terminé ! douze mois envolés, banal, tempus fugit !

Au début je le sais, ce sera particulier. Après dix années de Bureau, je me dis : « c’est fini ».
Fini le rythme du samedi par mois, souvent devant l’écran du PC, bureau hyperstructuré : ordre du jour, points d’attention, procès-verbaux, mais surtout discussions enthousiasmantes sur notre métier, sur la société, parfois un peu de philosophie et d’humour. 

Merci à Georges Casimir, notre Secrétaire perpétuel. Merci à tous les membres du Bureau pour votre accompagnement, vos éclairages, votre sens critique et la bienveillance de vos propos ; j’ai vraiment passé de très agréables moments en votre compagnie.

Merci également aux Académiciens et Académiciennes pour votre confiance.

Merci à Vanessa Costanzo, Alexandre Buchet, Monique Léonard, Rosanne Pitau et à toute l’équipe de support administratif.

Il est de coutume de faire un bilan des actions menées lors de l’année écoulée.
2024 est sans conteste un menu étoilé quinze services qui débute par le Symposium sur le contrôle des pandémies, sujet qui, quatre ans plus tard, reste plus que jamais d’actualité. Nous savons que pour nous, et pour la société, il y a un avant et un après Covid -19.

Ensuite, nous avons eu l’honneur et le plaisir d’accueillir cinq nouveaux membres associés dont quatre femmes. Mais aussi des membres étrangers prestigieux qui démontrent à quel point l’Académie est un lieu d’excellence et de diversité. C’est en continuité pour 2025, comme vous avez pu vous en rendre compte ce jour !

L’Académie s’anime au rythme de ses séances publiques qui nous permettent, ainsi qu’à tout quidam intéressé, d’être informés sur des sujets variés ayant attrait à l’art de guérir.
2024 nous a emmené dans le concept one health qui est plus qu’un concept mais bien un mode de vie. Nous nous sommes interrogés sur la vie des patients après un séjour à l’USI. Au menu également, les stratégies de dépistage des coagulopathies, la neuroradiologie interventionnelle, les maladies infectieuses, la prise en charge des métastases par immunothérapie et chirurgie, et, enfin, une séance publique dédiée à l’IA comme scalpel de la médecine mais en gardant le défi d’une médecine plus humaine. Le robot et l’humain, ce n’est pas gagné ! Nous aurons encore à débattre ce sujet à plusieurs reprises ; j’en suis convaincue.

La recherche fondamentale a également été l’objet de nos préoccupations, entre autres, à travers les organoïdes pour mieux comprendre la pathologie endocrinienne, le poisson Zèbre et la microglie.

En association avec l’Académie Nationale de Médecine de France et, avec la participation de la FEAM, un symposium conjoint sur les dispositifs médicaux a déroulé, en une journée, l’éventail des points majeurs et des difficultés rencontrées dans ce domaine. La résistance aux antimicrobiens, étendue au concept de One health, a fait l’objet d’un symposium portant sur différents aspects depuis les bactériophages jusqu’aux vaccins en passant par les mécanismes fondamentaux du développement de bactéries multirésistantes.

Les échanges des experts lors du symposium conjoint ARMB/KAGB de sa Majesté la Reine Mathilde sur la santé mentale, physique et le bien-être des personnes âgées, nous ont confrontés à ce problème de santé publique multifacettes qui reste actuellement encore insuffisamment compris et pris en charge.

En septembre nous avons édité, pour les 50 ans du Prix Nobel d'Albert Claude, Christian de Duve et George Palade, un magnifique ouvrage, témoin et mémoire remarquable de carrières inspirantes. L’Académie a également choisi d’honorer tout particulièrement le Professeur Georges Primo, premier chirurgien à avoir réalisé une greffe cardiaque, et qui a eu 100 ans le 18 avril 2024.  Quelle émotion d’’écouter cet homme parler simplement de la vie !

C’est à l’ULB que notre Compagnie a été accueillie pour une réflexion autour de la recherche oncologique, portée par une table ronde de discussion sur l’intégration de l’IA.  Ces échanges nous ont convaincu de la nécessité de créer des espaces de partage d’expertise pour cadrer cet enjeu majeur.

Cette année, les prix de l’Académie sont loin d’être insignifiants. La réforme opérée par les bureaux précédents porte ses fruits puisqu’un montant total de 280 000 euros sera attribué cette année. L’année 2025 verra quant à elle l’attribution de bourses de voyage.

Les avis et demandes d’experts reflètent les préoccupations et dérives de notre société. Elles portaient entre autres sur la thérapie quantique ou vibratoire, la nutrivigilance et la fibromyalgie.

A la demande des ministres, notre Compagnie a également participé à l’élaboration du rapport 2024 de la Commission de planification de l'offre médicale en Communauté française de Belgique ainsi qu’au Conseil des Hôpitaux Universitaires.

Souvenez-vous des discussions sur la vision de notre Compagnie dans les cinq prochaines années ; idées collectées au sein de nos sections, et intégrées depuis 2023. Parmi ces propositions, celle d’un collège des jeunes chercheurs, qui a retenu tout votre intérêt. Cette jeune Académie verra le jour en 2025. Je m’en réjouis ! Last but not least : 2024 a vu la naissance d’un pin de notre Compagnie !

Je transmets le flambeau de la Présidence au Professeur Etienne Marbaix, pathologiste de l’UCLouvain.
Etienne, par ton engagement, accompagné du Bureau et de nos membres, tu continueras, j’en suis certaine, à porter les valeurs d’excellence de notre Compagnie.

Merci à toi, merci à vous toutes et tous.

 

 

 

 

Chers Collègues,

Je tiens à vous remercier de la confiance que vous maccordez en mayant élu au poste de Président de lAcadémie Royale de Médecine de Belgique pour cette année 2025.

Comme chaque année, le Secrétaire perpétuel et le Bureau ont établi un programme de séances que vous avez reçu et pu apprécier. Jaurai le privilège de présider ou au moins inaugurer chacune de ces séances, sauf probablement la séance conjointe avec lAcadémie Nationale de Médecine qui aura lieu à Paris le 18 juin prochain et qui sera consacrée aux mille premiers jours de la vie.

Ces séances ordinaires et thématiques reflètent une des missions importantes de lAcadémie qui est de soutenir et de diffuser les activités scientifiques dans le domaine de la médecine, la pharmacie et plus largement la biologie. Je compte bien pouvoir vous proposer un programme de séances aussi diversifié et passionnant pour lannée prochaine, avec laide du bureau et grâce à vos propositions dans les différentes sections.

Outre les séances, le soutien de lAcadémie aux activités scientifiques se manifeste par lattribution de prix et cette année, beaucoup de chercheurs ont soumis leur candidature à lobtention dun prix, probablement suite à la publicité efficace que la Présidente sortante et le Secrétaire perpétuel ont pris la peine de mettre en place dans les différentes universités et institutions scientifiques de notre pays, tant du côté francophone que néerlandophone. Bien sûr, cette abondance de candidatures signifie plus d’ouvrage pour tous les membres de lAcadémie qui ont accepté de participer aux différents jurys et que je remercie pour leur investissement, mais ce labeur débouchera sur une sélection de travaux plus méritants et contribuera à accroître encore lexcellence des soumissions. Jespère que cet élan pourra être maintenu dans les années futures grâce au soutien des autorités universitaires et scientifiques et à notre contribution à leffort publicitaire mis en route par la Présidente et le Secrétaire perpétuel.

LAcadémie doit se faire connaître pour mener à bien efficacement cette mission de soutien aux activités scientifiques. Elle doit se faire connaître principalement auprès des jeunes chercheurs, médecins, dentistes et pharmaciens. Comme la rappelé la présidente sortante, le Secrétaire perpétuel a tenu à organiser dans chacune des trois Universités francophones proposant un cursus médical complet une séance de présentation de lAcadémie aux étudiants et jeunes diplômés. Cette séance a déjà pu être organisée par mes prédécesseurs, André Scheen et Isabelle Salmon, au GIGA à lUniversité de Liège et au musée de la Médecine à Erasme. Cette année une séance similaire sera organisée à lUCLouvain sur le site de Woluwé, en principe le jeudi 27 novembre, et jespère que Françoise Smets, la Rectrice de l’Université, et Isabelle Leclercq, la Vice-Rectrice du Secteur des Sciences de la Santé, nous feront lhonneur et le plaisir dassister à la présentation.

Dans sa vision de la Compagnie à cinq ans, le Secrétaire perpétuel a élaboré de nombreux projets pour dépoussiérer plus encore lAcadémie et promouvoir son rôle dans lespace médical et scientifique. Un des projets consiste en la réalisation d’une Newsletter visant à mieux diffuser les réalisations de l’Académie, notamment en appelant chaque section à y mentionner les informations qui la concernent, par exemple les réunions scientifiques. Le Bureau compte sur une collaboration efficace avec chaque section et l’investissement de quelques membres dans le comité de rédaction de cette Newsletter.

Un autre objectif est la création d’un collège de jeunes chercheurs pour constituer un creuset didées et faire rayonner lAcadémie, et cet objectif est sur le point de se réaliser puisque chaque section est appelée à proposer des candidatures de jeunes chercheurs qui acceptent de former ce collège. Bien sûr, les candidatures seront examinées et j’espère validées par la Commission de Sélection de sorte que le collège puisse être instauré à la fin de cette année. Ce collège de jeunes chercheurs organisera des réunions scientifiques, et le programme de lannée prochaine devrait donc contenir la première séance du collège des jeunes.

Parmi les séances de cette année, vous aurez sans doute remarqué la première séance consacrée à l’intégrité de la recherche, programmée le 28 juin prochain. Si le problème d’altération de la vérité scientifique ne semble pas encore majeur dans notre communauté francophone de Belgique, à ma connaissance, il est vrai que nous vivons aujourd’hui dans un monde où fleurissent les fake news et où même les dirigeants politiques ou responsables économiques les plus importants ne se privent pas de diffuser des mensonges éhontés. Il est donc primordial que nous soyons attentifs à soutenir des activités de recherche qui ne transigent pas avec l’exactitude et la véracité des résultats afin que nous puissions continuer à diffuser des informations scientifiques crédibles.

C’est d’autant plus important à l’heure où l’intelligence artificielle nous propose une aide appréciable pour nous soulager des tâches répétitives mais avec le risque de perdre le contrôle des sources et de leur validité, et de ne plus garder le sens critique nécessaire au maintien de notre rigueur scientifique. Comme le disait le Professeur Stefan Constantinescu lors de son discours d’investiture comme Président en 2022, grâce à l’intelligence artificielle « nous allons utiliser de plus en plus de résultats obtenus sans comprendre les bases, et sans comprendre pourquoi les outils ont fonctionné. Or, toutes ces avancées sont nées d’une quête de la compréhension. Le vrai progrès passe par la compréhension ». Ce sujet important fera aussi l’objet d’une séance organisée par la Présidente sortante Isabelle Salmon début septembre.

L’Académie est régulièrement et de plus en plus souvent sollicitée pour donner des avis et j’avoue avoir été effrayé devant le nombre croissant d’avis demandés sur des pratiques médicales ou des outils thérapeutiques tous plus farfelus les uns que les autres, des avis demandés notamment par le Centre d’Information et d’Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles. Vous avez reçu, encore cette semaine, deux avis conjoints des deux Académies de Médecine rendus sur des pratiques qui ne reposent sur aucun fondement scientifique mais se développent grâce à la crédulité des patients et se diffusent sur les réseaux sociaux et l’internet où elles se font passer trompeusement pour des méthodes efficaces. Ceci souligne encore l’importance des deux points que j’évoquais à l'instant sur le rôle que notre Académie peut avoir pour maintenir la rigueur scientifique au centre de nos activités et éviter que l’intelligence artificielle et la diffusion sur internet d’information non vérifiée ne viennent saper les efforts d’excellence que nous devons avoir dans nos investigations sur la compréhension des mécanismes biologiques et physiopathologiques à l’origine des maladies, qui nous permettront de proposer des traitements plus efficaces, avec moins d’effets secondaires, et surtout qui permettront à nos patients de ne pas tomber dans les mains d’escrocs qui se font passer pour des guérisseurs.

Je voudrais terminer ce discours introductif à ma présidence en souhaitant la bienvenue aux nouveaux membres belges et étrangers de notre Académie, que nous avons accueillis ce matin, et en remerciant les membres du Bureau qui ont accepté de contribuer à la gestion de l’Académie tout au long de cette année, les Professeurs Albert Beckers, Nathan Clumeck, Nathalie Delzenne, Philippe Kohl, Françoise Meunier, bien sûr notre Secrétaire perpétuel Georges Casimir, et ceux qui quittent le Bureau et avec qui j’ai eu le privilège de collaborer ces dernières années, Jean-Pierre Brion, Didier Cataldo et notre Présidente sortante Isabelle Salmon. Je voudrais aussi remercier nos chevilles ouvrières de l’Académie Alexandre Buchet et Monique Léonard ainsi que le personnel administratif de l’Académie, et Vanessa Costanzo pour son aide précieuse dans la préparation et la conduite « virtuelle » de nos séances.

Merci pour votre écoute.

Madame la Présidente,

Monsieur le Président,

Cher.e.s membres du Bureau,

Cher.e.s Collègues, Mesdames, Messieurs,

La durée du mandat de la présidence est très court et ponctue chaque année d’un aurevoir attristé et chaleureux à celle avec laquelle on a partagé la direction de notre Compagnie et d’un accueil enthousiaste à celui qui endosse ce costume prestigieux et nouveau. Chacun y apporte ce cachet unique qui fait que nous sommes tous différents. Avec Isabelle Salmon, ce fut l’intelligence créatrice, la volonté de s’affranchir toujours des habitudes et de la superficialité pour chercher l’excellence, la bonne humeur contagieuse. La jeunesse n’est-elle pas toujours de voir les opportunités là où d’autres s’enferment dans la routine ou le contentement de soi ? Merci Isabelle pour cette belle année de complicité et ces réflexions dont ne furent pas absents la philosophie, la dérision et le rire toujours salvateur. Merci aussi à notre Bureau où j’ai découvert des êtres remarquables, très impliqués dans le fonctionnement et l’avenir de notre Académie, améliorant les propositions par de subtiles et judicieuses ajoutes ou corrections, désireux de faire rayonner ses activités et ses missions. Notre nouveau président notamment, par son calme plein de sagesse et de réflexion, en est l’incarnation. Nathalie Delzenne et Albert Beckers ont chacun apporté des idées et des suggestions qui sont devenues ou deviendront des réalisations importantes de notre Compagnie, et ceci toujours dans une bonne humeur communicative. Merci aussi à ceux qui quittent le Bureau comme Jean-Pierre Brion, si aimable et participatif, à Didier Cataldo que des fonctions importantes n’ont pas toujours permis d’être présent, mais dont l’écoute, le souhait de bien faire et de seconder n’ont pas manqué. Bienvenue enfin à Françoise Meunier, notre nouvelle deuxième Vice-présidente, Nathan Clumeck et Philippe Kolh, nouveaux assesseurs du Secrétaire perpétuel : nous voici à nouveau dans un bel ordre de marche pour affronter les défis. J’aborde déjà ma quatrième année à ce poste : je n’ai pas vu passer le temps, tant les tâches intéressantes et les sujets d’attention ont été nombreux et passionnants ; j’espère ne pas vous décevoir et être en mesure de vous proposer de nouvelles activités et de nouveaux développements, dont l’Académie des jeunes est particulièrement prometteuse. Tout cela ne serait évidemment pas possible sans une administration qui m’épaule efficacement ; en particulier je remercie vivement mon assistante Madame Monique Léonard pour son efficacité et son travail inlassables, Mesdames R. Pitau, Ch. Leleux et N. Kabuema pour leur dévouement, Messieurs Buchet et Nowe pour leur souci de la continuité. Nous fêterons l’année prochaine, en 2026, les 185 ans de notre Académie Royale de Médecine et tenterons de donner à cet anniversaire tout le lustre qu’il mérite.  Cette année encore, nous accueillons de nouveaux académiciens belges et correspondants étrangers qui viennent enrichir considérablement notre potentiel scientifique. To our new members, who have come from afar today to honor us with their presence, I extend a warm welcome and tell them of the happiness with which the Company is honored on this beautiful day to know them among its own. Very happy new year 2025!

 

 

 

 

Samedi 15 février 2025 - Séance publique ordinaire

Chère Andrée, chère Corinne, chère famille,

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

Chères et chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

C'est avec émotion que je vais rendre hommage aujourd'hui à feu le Professeur Willy Malaisse, effigie éminente de la diabétologie en Belgique et dans le monde."

Willy Jean Malaisse est né le 19 février 1936 à Anvers.

C’est à Bruxelles, à l’Athénée Robert Catteau qu’il effectue ses études primaires et secondaires, études au cours desquelles il se distingue déjà en étant, pendant douze années consécutives, l’élève « 1er de la classe » en obtenant, chaque année, la mention « Le plus grand fruit ». Il entreprend ensuite des études de médecine à l’ULB et est diplômé Docteur en médecine, chirurgie et accouchements en 1960.

Très rapidement, il va s’orienter vers la recherche scientifique.  C’est en effet à l’âge de 21 ans, durant ses études de médecine que Willy Malaisse découvre « les joies » de la recherche scientifique (c’est le terme qu’il utilisait) en participant à une étude menée par les Professeurs Marcel Franckson et Victor Conard, tous deux attachés au Laboratoire de Médecine expérimentale de l’Hôpital Saint-Pierre dirigé par le Professeur Paul Bastenie.

Willy Malaisse mord à l’hameçon, il est contaminé par le virus, la recherche scientifique sera sa plus grande passion.

De 1962 à 1969, différents mandats dont un mandat d’Aspirant au FNRS, lui permettent de poursuivre des activités de recherche au sein du Laboratoire de Médecine expérimentale, et durant cette période, il effectue plusieurs séjours de recherche aux Etats-Unis, dont une année à la Washington University School of Medicine dans le cadre d’un mandat de Research Assistant in pathology.

En 1969, Willy Malaisse obtient le grade d’Agrégé de l'enseignement supérieur en Sciences médicales et physiologiques en défendant brillamment une thèse doctorale intitulée : « Etude de la sécrétion insulinique in vitro ».

Quatre ans plus tard, à l’âge de 37 ans, il succède au Professeur Paul Bastenie à la direction du Laboratoire de Médecine Expérimentale de la faculté de Médecine de l’ULB.

Durant les cinq décennies qui suivent, le Professeur Malaisse dévoue sa carrière de recherche – et la grande majorité de son temps - à la diabétologie expérimentale.

J’ai rejoint son laboratoire durant l’été 1986, pour y réaliser mon mémoire de fin d’études et ensuite, ma thèse doctorale.

A l’époque, si le glucose était reconnu comme « le » stimulus principal de la sécrétion d’insuline, les processus initiant et régulant la sécrétion d’insuline en réponse aux variations de la glycémie étaient peu clairs et 2 hypothèses majeures s’opposaient quant au mode d’action de l’hexose :

  • la théorie du gluco-récepteur qui proposait que la fixation du glucose sur un récepteur spécifique soit le déclencheur de la sécrétion de l’hormone
  • et une théorie plus  récente/novatrice, appelée la théorie métabolique ou énergétique, qui proposait qu’une modification intracellulaire du rapport ATP/ADP générée par le métabolisme du glucose dans la cellule pancréatique beta soit le primum movens de la cascade sécrétoire.

Aucune de ces deux théories n’avait pu être démontrée, notamment faute d’outils fiables permettant de quantifier l’insuline sécrétée in vitro.

Or, durant sa thèse, le Professeur Malaisse a développé une méthodologie qui a pallié ce manque et a permis une mesure précise et reproductible de la sécrétion d’insuline in vitro.

Grâce à ce nouvel outil, il a mené à bien des recherches métaboliques entièrement originales, que l’on peut qualifier de pionnières, qui ont validé la théorie métabolique : il a dans un 1er temps identifié les processus physiologiques liés au métabolisme du glucose qui sont spécifiques aux cellules pancréatiques beta et leur permettent de moduler leur activité sécrétoire en fonction de la glycémie ; ensuite il a décrit le mode d’action d’autres secrétagogues et a, in fine, mis en évidence les dysfonctionnements des processus cellulaires et moléculaires qui participent au développement du diabète de type 2.

Les recherches du Professeur Malaisse ont donné lieu à plus de 1.400 publications scientifiques parues dans des revues internationales à comité de lecture et ont été citées plus de 22.000 fois (H index 67).

A deux reprises, en 1981 et 1986, Le Professeur Malaisse a été nommé dans les Current-contents (que l’on pourrait qualifier d’ancêtre de PubMed) parmi les scientifiques les plus cités et en 1992, une publication dans Nature l’a recensé parmi les 20 chercheurs les plus prolifiques entre 1981 et 1990. 

Vous l’aurez noté, le Professeur Malaisse était un scientifique remarquable, hors pair.

Sa contribution à la science a été reconnue de manière nationale et internationale par l’attribution de nombreux prix et distinctions scientifiques dont des prix prestigieux de diabétologie, les prix Minkowski (1972) et Claude Bernard (2000) tous deux décernés par l’European Association for the Study of Diabetes, la Morgagni Medal (1989), sous les auspices de l’Université de Padoue et le prix Berson de l’International Society of Endocrinology (1984).

Le Professeur Malaisse était membre de l’Académie royale de Médecine de Belgique qu’il a eu l’honneur et le plaisir de présider en 2012.

Il est Docteur Honoris Causa de quatre Universités étrangères, l’Universitad Complutense de Madrid, les Universités d’état brésiliennes de Maringa et de Sao Paulo et l’Université de Mbuji-Mayi en République Démocratique du Congo.

Le Professeur Malaisse excellait également dans un autre domaine, celui de l’enseignement, de la transmission du savoir et des compétences.

A l’Université libre de Bruxelles, il faisait partie de ce que l’on appelait à l’époque « le pool des enseignants de Biochimie pathologique » et était titulaire de la partie relative au métabolisme glucidique et au diabète.

La biochimie pathologique est une matière ardue, qui n’est pas spécialement appréciée par les étudiants. J’ai eu le plaisir de suivre son enseignement et pour relater les choses simplement, je dirais que M. Malaisse ne nous donnait pas cours, il nous racontait une histoire et … il captivait son auditoire !

C’était un excellent pédagogue.

Mentor reconnu, le Professeur Malaisse a aussi contribué à la formation de nombreux chercheurs, cliniciens et fondamentalistes, nationaux et internationaux, dans le domaine de la diabétologie.

En 2001, il atteint l’âge de l’éméritat et quitte la direction du Laboratoire de Médecine expérimentale.

Sa mise à la pension ne coïncide toutefois pas avec la fin de sa carrière scientifique. Il rejoint le Laboratoire d’Hormonologie expérimentale dirigé par le Professeur S. Meuris où il poursuit ses activités de recherche en collaboration avec le Professeur A Sener. 

En 2012, il demande à rejoindre le Laboratoire de Biochimie Osseuse et Métabolique que je dirige et il y restera actif jusqu’en 2020. Ce n’est en effet qu’à l’âge de 84 ans, à la suite de problèmes de santé, que le Willy Malaisse devra renoncer à venir, chaque jour, travailler dans son bureau à la faculté de Médecine.

La recherche était sa principale passion et il lui consacrait une très grande partie de son temps. Mais s’il aimait relever les défis de l’esprit et de la science, il aimait aussi les challenges sportifs : grand amateur de jogging, il était heureux de participer régulièrement aux marathons d’Atlanta et de Boston et aux 20 km de Bruxelles qu’il parcourrait en un temps très honorable. C’était aussi un très bon joueur de hockey, sport qu’il a pratiqué jusqu’à l’âge de 75 ans au Royal Wellingon Hockey Club. Enfin, il était amateur de musique classique, conquis par Mozart, et il appréciait le bien manger et le bien boire. Il aimait la vie, c’était un bon vivant.

Le Professeur Malaisse est décédé ce 2 janvier 2025, à l’aube de ses 89 ans. C’était un homme d’une intelligence remarquable et un travailleur acharné. Sa vivacité d’esprit, sa créativité, sa rigueur scientifique et sa capacité hors normes à analyser et exploiter les données issues de la recherche (il me disait souvent : « Joanne, il faut en extraire la substantifique moelle »), ont fait de lui un scientifique exceptionnel. Même s’il était parfois controversé, sa contribution à la science retentit encore dans le domaine de la diabétologie.

Le Professeur Malaisse était une personnalité et c’est un des « grands personnages » de la faculté de Médecine de l’ULB qui nous a quittés. Mais avant son départ, il nous a laissé un dernier message au travers d’un ultime ouvrage dans lequel il relate ses travaux antérieurs sur la théorie métabolique et décrit des études plus récentes menées en collaboration avec le Professeur I. Kojima (Gunma University, Japon). Ces études ont mis en évidence l’existence d’un récepteur au goût sucré, TIR3, dans la cellule pancréatique beta. Ces observations signent-elles la réconciliation de la théorie métabolique et de la théorie du gluco-récepteur ? La boucle est-elle bouclée et le Professeur Malaisse nous a-t-il conté là la fin de l’histoire ?  L’avenir nous le dira …

Willy Malaisse a intitulé son dernier ouvrage « A journey in diabetologia », il aurait pu l’intituler « A journey in diabetologia or the story of a passion ».

Axel CLEEREMANS (Faculté de Psychologie, Sciences de l'Education et Logopédie - ULB)

La conscience demeure aujourd’hui un mystère : Nous ne savons ni comment l’activité biologique de notre cerveau produit l’expérience subjective que nous faisons du monde, ni pourquoi. Dans cet exposé, je survole les théories contemporaines de la conscience en évoquant brièvement la manière dont il est possible de développer une science expérimentale de la conscience. Je défendrai l’idée que la conscience est quelque chose que le cerveau apprend à faire, en redécrivant continuellement sa propre activité alors qu’il interagit avec lui-même, avec le monde, et avec autrui. J’aborderai ensuite l’épineuse question de savoir pourquoi nous sommes conscients, et suggèrerai que la conscience phénoménale a une valeur intrinsèque. En effet, pourquoi ferions-nous quoi que ce soit si le fait de le faire ne nous faisait pas quelque chose ?

Bernard HANSEEUW (Chef de Clinique Associé, Neurologie - Cliniques Universitaires Saint-Luc)

Until a decade ago, a definite diagnosis of Alzheimer’s disease (AD) could only be made after autopsy and confirmation of amyloid and tau pathology in the brain. Neurologists could only give the diagnosis of probable AD to patients with dementia. The absence of biomarkers to confirm the biological diagnosis made it impossible to diagnose AD early, prior to dementia. The Louvain Aging Brain Lab has been among the first in Europe to describe the spatio-temporal progression of Alzheimer’s pathology in living humans, using specific radiotracers and positron emission tomography to detect amyloid and tau deposits in the brain. We have “brought to life” neuropathological classifications, obtained at post-mortem, by transposing them into brain imaging classifications, applicable to detect Alzheimer’s pathology before the onset of symptoms. It appeared that amyloid PET was able to predict which patient would progress to dementia six years later with an overall predictive value of 87%. However, regional amyloid did not predict well the specific cognitive deficits, and up to 20% of cognitively normal older adults do have amyloid pathology in their brain. In contrast, tau PET images (see figure) are much more closely associated to brain dysfunction and cognitive deficits. We are currently developing new ways of assessing subtle cognitive loss, including spatial navigation or linguistic abilities, in apparently normal older adults. This work is of particular importance in the context of upcoming therapeutic trials aiming at preventing the onset of AD in non-demented individuals with evidence of Alzheimer’s pathology. The recent development of blood tests targeting amyloid and tau, of cognitive tests available on smartphone apps, and the large amounts of data collected using brain imaging all require artificial intelligence tool to be analyzed optimally.

 

Michael HERFS (Laboratory of Experimental Pathology)

Après une brève introduction sur les papillomavirus humains (HPV), incluant leur classification, leur cycle viral et l'incidence des cancers associés, cinq découvertes majeures réalisées au cours de la dernière décennie sont abordées dans le détail :

  1. L'implication des HPV commensaux (genre beta) dans le développement des cancers cutanés chez les individus immunodéprimés.
  2. La signification des (sous)variants de HPV en termes de persistance et de risque de cancer.
  3. L’identification de nouvelles cellules "cibles", spécifiquement localisées au niveau des jonctions muqueuses ano-rectales et endo-exocervicales, présentant une vulnérabilité accrue aux infections à HPV et à leur carcinogenèse associée.
  4. La relation bidirectionnelle entre les infections persistantes à HPV et les modifications du microbiome vaginal (vaginose bactérienne).
  5. Le détournement des mécanismes de réparation de l'ADN de l'hôte par HPV et l'impact de ce phénomène sur la sensibilité des cellules infectées aux traitements anticancéreux (en particulier la radiothérapie).

Ces avancées ont suscité un vif intérêt au sein de la communauté scientifique et ont permis d’adopter un nouveau regard sur les infections à HPV ainsi que sur leurs répercussions sur la santé humaine.

 

 

 

Samedi 22 mars 2025 - Séance publique thématique consacrée à la chirurgie cardiaque

Chers amis et Collègues du Professeur Beaufay,

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

Chers Collègues, Mesdames et Messieurs,

Le Professeur Henri Beaufay est décédé le 17 janvier 2024. C’était un scientifique remarquable auquel nous devons beaucoup.

Henri Beaufay est né à Mont-sur-Marchienne le 19 novembre 1928 et a fait ses études de médecine à Louvain. Dès sa troisième candidature, il travaille comme étudiant chercheur dans le laboratoire de Christian de Duve. Diplômé en 1953, il rejoint ce laboratoire et devient ainsi un des proches collaborateurs du futur Prix Nobel. Il sera soutenu par des mandats du FNRS et pendant quelques années il sera Research Associate à l’Institut Rockefeller, qui hébergea l’autre laboratoire de de Duve à partir de 1962.

Les travaux de Beaufay portent d’abord sur la glucose-6-phosphatase, dont il étudie la spécificité et dont il démontre qu’elle est une protéine membranaire associée au réticulum endoplasmique.  Il contribue également aux travaux de l’équipe de de Duve qui vient de découvrir les lysosomes dans la fraction des "gros granules" isolée par centrifugation différentielled'un broyat de foie.

Henri Beaufay devient rapidement expert d’une autre technique de centrifugation, la centrifugation en gradient de densité ou plus exactement, la centrifugation à l’équilibre de densité, qui permit alors à l’équipe de de Duve de démontrer l’existence d’un autre type d’organite intracellulaire, les peroxysomes.

La technique de centrifugation différentielle, dans laquelle on fait sédimenter les organites à des vitesses de plus en plus élevées, sépare ces organites principalement en fonction de leur taille. Celle-ci étant pratiquement la même pour les lysosomes et les peroxysomes, ces organites ne sont pas séparés par centrifugation différentielle.

La centrifugation à l’équilibre de densité sépare les organites en fonction de leur densité : les organites s’arrêtent de sédimenter lorsqu’ils ont atteint une couche de milieu qui a la même densité qu’eux. Les lysosomes et les peroxysomes ayant des densités différentes dans certains milieux, la centrifugation à l’équilibre permet leur séparation.

Une limite importante à la qualité de la séparation que cette technique permet tient au fait qu’avec un équipement ordinaire, l’arrêt du rotor en fin de centrifugation entraine inévitablement une réorientation des couches présentes dans le tube : de verticales quand le rotor tourne, ces couches deviennent horizontales lorsque celui-ci s’arrête. Cette réorientation provoque inévitablement un certain mélange des couches de densités différentes et ainsi, une perte de résolution. 

Henri Beaufay a apporté une amélioration considérable à la technique de centrifugation à l’équilibre, en concevant et en construisant un rotor particulier, connu depuis lors sous le nom de rotor de Beaufay. Les performances de celui-ci sont nettement supérieures à celles des équipements commerciaux.

Dans l’appareillage de Beaufay, le gradient de densité et l’échantillon sont chargés dans une cellule annulaire qui se situe à l’intérieur du rotor. Le chargement se fait alors même que le rotor tourne à vitesse modérée. De plus, au terme de la centrifugation à haute vitesse, les différentes couches présentes dans la cellule annulaire sont évacuées et collectées sous forme de fractions séparées alors même que le rotor tourne encore. Comme l’a montré Henri Beaufay, cette façon de faire augmente considérablement la résolution de la technique de séparation. De plus, cette technique génère des pressions hydrostatiques beaucoup plus faibles que les techniques traditionnelles, ce qui permet de minimiser les lésions causées aux organites.

On aura compris que l’élaboration et la construction de ce rotor et du dispositif qui permet de le charger et de récolter les fractions en fin de centrifugation furent un véritable tour de force technologique. Tout médecin qu’il était, Henri Beaufay avait d’authentiques talents d’ingénieur ! Les techniques de centrifugation et le développement de ce nouveau rotor furent l’objet de sa thèse d’agrégation qu’il présenta en 1966.

Henri Beaufay était aussi un expert de la microscopie électronique, une technique qu’il apprit à maitriser sous la guidance de Georges Palade à l’Institut Rockefeller et d’Albert Claude à l’Université libre de Bruxelles. Grâce à cette technique, nouvelle à l’époque, il put, avec Pierre Baudhuin, identifier les lysosomes aux « corps denses péricanaliculaires » et les peroxysomes, aux organites dénommés jusque-là « microbodies ».

Les travaux d’Henri Beaufay porteront par la suite sur la caractérisation de la fraction des "petits granules" ou "microsomes". Avec son équipe, il conjuguera biochimie et morphométrie pour débrouiller le contenu de cette fraction. Grâce à la technique de centrifugation en gradient de densité et à l'utilisation de son rotor, une analyse très poussée des sous-fractions révélera la présence non seulement de fragments des réticulums endoplasmiques rugueux et lisse, mais aussi de morceaux de membranes plasmiques, de constituants de l'appareil de Golgi et de fragments de la membrane externe des mitochondries. En combinant l'ensemble de leurs résultats, Beaufay et ses collaborateurs proposeront un modèle à la fois structural et fonctionnel des membranes du réticulum endoplasmique, avec une focalisation sur les fonctions liées à la glycosylation des protéines et aux phénomènes de détoxication des drogues.

Parmi les chercheurs avec lesquels Henri Beaufay collabora étroitement au cours de sa carrière, on mentionnera bien sûr Cl. de Duve, mais également Jacques Berthet, Pierre Baudhuin, Robert Wattiaux, Simone De Coninck, Ernest Feytmans, Denise Thinès-Sempoux,  Maurice Wibo, Alain Amar-Costesec, Mariette Robbi, et Danièle Godelaine.

Le déménagement de la Faculté de Médecine depuis Louvain vers Woluwé-St-Lambert fournit aux équipes de de Duve, Hers, Heremans et de Visscher l’occasion de créer l’Institut de Pathologie Cellulaire et Moléculaire (ICP), rebaptisé depuis quelques années Institut de Duve. Henri Beaufay en était un des co-fondateurs, et certainement pas le moindre, puisqu’il joua un rôle essentiel dans tous les aspects de son édification et de son organisation, en particulier la supervision de son administration, de sa comptabilité et de divers problèmes techniques, avec un dévouement et une compétence remarquables. Ces activités lui ont pris un temps considérable, au détriment certainement de son activité de recherche. Il les a assumées dans l'ombre, avec une modestie extraordinaire. Nous lui sommes très reconnaissants de tout ce qu’il a fait. Sans lui, l’Institut de Duve n’existerait pas.

Devenu chargé de cours (1966), Professeur (1968) et Professeur ordinaire en 1973, il enseigna pendant de nombreuses années la biochimie aux étudiants de 2e candidature en médecine. D’aucuns se souviendront sans doute de ses cours sur l’enzymologie, une partie notoirement ardue de la biochimie.

Après son éméritat, en 1994, il continua de fréquenter l’institut pendant de nombreuses années, fournissant ses conseils à sa direction et à son administration. Henri Beaufay était membre du conseil d’administration de l’Institut de Duve. Il fut Président de la Société Belge de Biochimie et il était membre de nombreuses sociétés savantes, dont l’American Society of Biological Chemistryet l’Académie de Médecine de Belgique.

Permettez-moi, au nom de notre Académie, de présenter à tous ses amis, anciens collaborateurs et Collègues, mes plus sincères condoléances.

 

Patrizio LANCELLOTTI (Chef de Service de Cardiologie - ULiège), membre associé

L’imagerie échographique, notamment l’échocardiographie transthoracique (ETT) et transoesophagienne (ETO), est essentielle dans l’évaluation préopératoire des pathologies de la valve mitrale. Ces techniques permettent une analyse précise de l’anatomie et de la fonction valvulaires pour planifier une intervention optimale.

La visualisation de la valve mitrale a été initiée par Inge Edler en 1953, marquant la naissance de l’échocardiographie. À cette époque, les pathologies rhumatismales, comme la sténose mitrale, prédominaient, et les premières interventions, telles que la commissurotomie, étaient associées à une mortalité élevée. L’échographie a transformé l’évaluation des valves cardiaques en offrant des informations dynamiques en temps réel. Si l’ETT fournit une première évaluation, l’ETO offre une résolution supérieure, essentielle pour visualiser les structures complexes de la valve mitrale. L’identification des segments selon la classification de Carpentier (A1-P1, A2-P2, A3-P3, commissures) est cruciale pour localiser les anomalies comme les prolapsus ou restrictions des feuillets. L’analyse hémodynamique, incluant les gradients transvalvulaires et la régurgitation mitrale, quantifie la sévérité des lésions.

L’imagerie échographique guide le choix entre réparation et remplacement. Une analyse détaillée des anomalies fonctionnelles et structurelles aide à déterminer l’approche optimale, qu’elle soit chirurgicale ou percutanée. Les interventions percutanées, comme le MitraClip, bénéficient de l’imagerie 3D en temps réel, qui permet de suivre la position et la fermeture de l’appareil. En cas de calcifications massives ou de ventricule gauche dysfonctionnel, l’imagerie identifie les contre-indications et oriente vers des solutions alternatives.

Les progrès récents, comme l’échographie 3D et 4D, offrent une visualisation précise de la valve mitrale et de son appareil sous-valvulaire, notamment les cordages et muscles papillaires. Ces technologies permettent une personnalisation des interventions grâce à des simulations virtuelles. Des logiciels avancés quantifient automatiquement les paramètres anatomiques et fonctionnels, réduisant la variabilité et améliorant les résultats.

En conclusion, l’imagerie échographique est un outil indispensable pour optimiser la planification des interventions sur la valve mitrale. En combinant une analyse détaillée de l’anatomie et des mécanismes lésionnels, elle permet de choisir et de guider avec précision le type d’intervention. Les avancées technologiques renforcent encore son rôle clé dans la cardiologie interventionnelle moderne.

 

Grégory HANS (Département des Sciences cliniques Anesthésie et réanimation - ULiège)

A l’heure actuelle, il est probablement licite de considérer la chirurgie mini-invasive non pas comme une fin en soi mais comme un élément, certes essentiel, des programmes de réhabilitation améliorée. La réhabilitation améliorée est une approche multidisciplinaire, centrée sur le patient, et qui consiste à mettre en œuvre durant toute la période péri-opératoire un ensemble de mesures ayant pour objectif de diminuer la réponse au stress et de faciliter la récupération post-opératoire. L’anesthésiste réanimateur est un des acteurs de ces programmes et intervient à différentes étapes de la période péri-opératoire. Ainsi, la consultation pré-opératoire est l’occasion d’évaluer et, lorsque cela est possible d’optimaliser l’état de santé global du patient. Elle débouche sur une adaptation personnalisée du traitement médical pré-opératoire et l’élaboration d’une stratégie de prise en charge. Au bloc opératoire, l’anesthésie est bien-sûr responsable de l’induction et de l’entretient de l’anesthésie, générale la plupart du temps. En outre, il met en œuvre des techniques qui poursuivent divers objectifs parmi lesquels on peut citer : 1. Prodiguer la meilleure qualité d’analgésie post-opératoire possible grâce la combinaison de blocs nerveux adaptés avec l’anesthésie générale, 2. Faciliter l’accès au site opératoire par le biais de la ventilation uni-pulmonaire, 3. Aider à la planification du geste chirurgical et à l’installation de la circulation extracorporelle au moyen de l’échocardiographie transoesophagienne. Enfin, durant la période post-opératoire, l’anesthésiste contribue à la mise en œuvre d’autres éléments du programme de réhabilitation améliorée telle que l’extubation et la mobilisation précoce du patient, la réalimentation dès qu’elle est possible, l’ajustement de l’analgésie post-opératoire lorsque cela est nécessaire. Enfin, à chaque étape du programme, il veille à l’usage rationnel et adapté de la transfusion de produits sanguin.

 

Joëlle KEFER (Institut de Recherche Expérimentale Clinique (IREC), Cliniques Universitaires Saint-Luc) 

Depuis la réalisation de la première angioplastie coronaire au ballon en 1977, le développement des drug-eluting-stents a profondément révolutionné la prise en charge de la maladie coronarienne. La plateforme métallique du stent (mailles fines, connecteurs entre les mailles, capacité de surexpansion pour se conformer aux lésions de bifurcation,…), la drogue délivrée localement par le stent, les outils pour fissurer le calcium (athérectomie rotationelle ou orbitale, ballons émetteurs d’ultrasons pour lithotripsie,…) et la miniaturisation des cathéters pour délivrer ce matériel au sein de l’arbre coronaire, ont permis au cours des 45 dernières années, à la technique d’atteindre son apogée. Aujourd’hui, il est possible de réaliser une revascularisation coronaire complète par cathétérisme dans presque tous les scénarios (syndrôme coronarien aigu ou chronique, choc cardiogéniques assisté de support mécanique percutané) et de faire face à des anatomies extrêmement complexes (calcifications, occlusions chroniques,…) avec des résultats cliniques favorables.

Depuis les années 2000, la revalvulation par voie percutanée s’est développée d’abord au niveau de la valve pulmonaire puis aortique (TAVI). Les valves mitrales et tricuspides suivent la voie toute tracée du TAVI, recommandé aujourd’hui par la société européenne de cardiologie en classe IA dès l’âge de 75 ans.

La cardiologie interventionnelle structurelle et congénitale s’impose de plus en plus comme traitement de premier choix et non plus comme un pâle alternative à la chirurgie. Fermeture d’auricule, de shunt intracardiaque, de fuite paravalvulaire, alcoolisation septale,… remplissent les salles de cathétérisme parallèlement à l’activité coronaire.

En 2025, le matériel perfectionné et la maîtrise des techniques de cardiologie interventionnelle permet en effet de proposer au patient une approche purement percutanée, peu invasive, grevée de peu de complication et adaptée à une reprise rapide d’une vie sociale et professionnelle, ce qui la rend « cost-effective » et attractive.

 

 

 

Marc RADERMECKER (Service de Chirurgie Cardio-Vasculaire et Thoracique - CHU de Liège), membre associé

Le paradigme de la chirurgie cardiaque évolue inexorablement vers le développement d'interventions nouvelles dont la caractéristique la plus visible réside dans des voies d'abord extrêmement réduites.

Ces interventions conservent l'efficacité des procédures validées par la voie de sternotomie classique mais en diminuent l’"invasivité". La valeur intrinsèque de la procédure est dès lors considérablement augmentée (valeur définie comme le rapport de : efficacité/"invasivité").

A l'Université de Liège, l'adoption large du paradigme mini-invasif pour la chirurgie cardiaque adulte s'est imposée pour la chirurgie de la pathologie de la valve aortique, de la mitrale, de certaines tumeurs cardiaques, pour la réalisation d'interventions combinées et la chirurgie de certains anévrismes de l'aorte ascendante.

Parallèlement, avec l'appui de la thoracoscopie ou du robot, la chirurgie de pontage aorto-coronaire connait le développement MIDCAB qui permet de placer sur le réseau coronaire gauche, par une incision réduite de Sem, une ou deux artères mammaires sans CEC et avec impact traumatique réduit.

Au cours des sept dernières années, le Service universitaire de Chirurgie Cardio-vasculaire au CHU de Liège peut faire valoir une expérience de plus de 900 cas.

Dans cette lecture, les résultats obtenus seront discutés et les problèmes à résoudre seront posés. Nous sommes néanmoins en mesure de caractériser les développements et les conditions nécessaires pour assurer le succès d'un programme de chirurgie cardiaque mini-invasive.

La mise au point précise via l'imagerie (échographie, ct-coronaire, ct-cardiaque) et l'établissement de stratégies concertées avec le cardiologue (procédure hybride,...) sont requis. La contribution d'une anesthésie qui peut garantir les conditions optimales de réalisation de l'intervention via notamment l'exclusion pulmonaire ou la guidance écho pour la cannulation percutanée sont indispensables. Cette anesthésie est aussi orientée vers l'extubation sur table et la réhabilitation accélérée. Une circulation extra-corporelle hyperperformante, de nouvelles solutions de protection myocardique et une instrumentation dédiée sont aussi pré-requis pour ce changement de paradigme.

Nous illustrerons par des vidéos peropératoires les procédures intéressant la chirurgie de la valve mitrale et aortique, de l'aorte ascendante et du pontage MIDCAB sur le réseau gauche.

Le paradigme de la chirurgie cardiaque évolue inexorablement vers le développement d'interventions nouvelles dont la caractéristique la plus visible réside dans des voies d'abord extrêmement réduites.

Ces interventions conservent l'efficacité des procédures validées par la voie de sternotomie classique mais en diminuent l’"invasivité". La valeur intrinsèque de la procédure est dès Iors considérablement augmentée (valeur définie comme le rapport de : efficacité/"invasivité").

A l'Université de Liège, l'adoption large du paradigme mini-invasif pour la chirurgie cardiaque adulte s'est imposée pour la chirurgie de la pathologie de la valve aortique, de la mitrale, de certaines tumeurs cardiaques, pour la réalisation d'interventions combinées et la chirurgie de certains anévrismes de l'aorte ascendante.

Parallèlement, avec l'appui de la thoracoscopie ou du robot, la chirurgie de pontage aorto-coronaire connait le développement MIDCAB qui permet de placer sur le réseau coronaire gauche, par une incision réduite de Sem, une ou deux artères mammaires sans CEC et avec impact traumatique réduit.

Au cours des sept dernières années, le Service universitaire de Chirurgie Cardio-vasculaire au CHU de Liège peut faire valoir une expérience de plus de 900 cas.

Dans cette lecture, les résultats obtenus seront discutés et les problèmes à résoudre seront posés. Nous sommes néanmoins en mesure de caractériser les développements et les conditions nécessaires pour assurer le succès d'un programme de chirurgie cardiaque mini-invasive.

La mise au point précise via l'imagerie (échographie, ct-coronaire, ct-cardiaque) et l'établissement de stratégies concertées avec le cardiologue (procédure hybride,...) sont requis. La contribution d'une anesthésie qui peut garantir les conditions optimales de réalisation de l'intervention via notamment l'exclusion pulmonaire ou la guidance écho pour la cannulation percutanée sont indispensables. Cette anesthésie est aussi orientée vers l'extubation sur table et la réhabilitation accélérée. Une circulation extra-corporelle hyperperformante, de nouvelles solutions de protection myocardique et une instrumentation dédiée sont aussi pré-requis pour ce changement de paradigme.

Nous illustrerons par des vidéos peropératoires les procédures intéressant la chirurgie de la valve mitrale et aortique, de l'aorte ascendante et du pontage MIDCAB sur le réseau gauche.